Windows Server 2016 perd son support en janvier, êtes-vous concerné ?

Si votre serveur principal a été installé entre 2016 et 2019, très probablement. Et la base de données qui l'accompagne a déjà perdu le sien en juillet.

Le 12 janvier 2027, Windows Server 2016 cesse de recevoir des correctifs de sécurité. Si votre serveur principal a été installé entre 2016 et 2019, vous êtes très probablement concerné.

Aucune interruption de service n'interviendra ce jour-là. Le serveur continuera de fonctionner normalement, sans alerte.

Ce qui cesse, et ce qui continue

Trois choses s'arrêtent à cette date.

  • Les correctifs de sécurité, y compris pour les vulnérabilités critiques
  • Le support technique de l'éditeur
  • Les interventions de vos éditeurs métier, qui refusent généralement d'intervenir sur un système non maintenu

Tout le reste continue. Partages de fichiers, applications, sauvegardes, ouvertures de session.

Trois effets se manifestent d'ailleurs bien avant tout incident. Les assureurs cyber intègrent désormais la question de l'obsolescence à leur questionnaire annuel, et la réponse influe sur les conditions de couverture. Les clients donneurs d'ordre posent la même question dans leurs évaluations fournisseurs, de façon de plus en plus systématique. Enfin les projets se bloquent, les outils récents supposant des prérequis que le système ne remplit plus, ce qui transforme une contrainte de sécurité en frein opérationnel.

SQL Server 2016, l'échéance déjà dépassée

Sur les serveurs de cette génération, le système n'est pas seul. La base de données de l'ERP ou de la GPAO est hébergée sur la même machine, et il s'agit fréquemment de SQL Server 2016.

Son support a pris fin le 14 juillet 2026. Les entreprises concernées ont donc déjà dépassé une échéance avant d'aborder celle de janvier.

C'est la configuration que nous rencontrons le plus souvent sur les parcs installés à cette période.

Les options et ce qu'elles impliquent

Option Ce qu'elle suppose
Migrer vers une version récente Validation par l'éditeur métier, éventuelle montée de version applicative
Héberger le serveur chez un prestataire Le lien internet et son secours deviennent critiques
Basculer l'application en service en ligne Le choix le plus structurant et le moins réversible
Souscrire les correctifs étendus Un report payant, trois ans au maximum

La dernière option mérite d'être chiffrée, ses modalités étant souvent mal évaluées. La facturation s'effectue par cœur de processeur, avec un minimum de seize cœurs par serveur même si la machine en compte moins, et le tarif progresse chaque année. Environ trois quarts du prix de la licence la première année, le prix entier la deuxième, un quart de plus la troisième.

Sur trois ans, le cumul avoisine trois fois le prix d'une licence neuve, pour un système qui reste ancien sur un matériel qui vieillit également.

Le dispositif se justifie sur une seule année, lorsqu'une contrainte datée empêche de migrer à temps. Un équipement de production dont l'automate n'accepte que cette version, ou une version éditeur annoncée en cours d'année.

Ce qui fixe réellement le calendrier

La date de Microsoft ne contraint pas l'entreprise. C'est la réponse de l'éditeur du logiciel de gestion qui détermine le délai, et elle prend l'une des trois formes suivantes.

  • La version en service est supportée sur un système récent. Le projet reste technique et se planifie sur une interruption courte
  • Une montée de version applicative est nécessaire. S'y ajoutent un coût de licence, une reprise de paramétrage et une recette utilisateurs, le délai se comptant en mois
  • La version en service n'est plus maintenue. Il s'agit alors d'un changement de logiciel, soit six à douze mois dans une PME

Les éditeurs organisant leurs interventions plusieurs mois à l'avance, la fenêtre réellement disponible est plus courte que les cinq mois affichés.

La dette technique derrière l'échéance

Un système hors support est rarement un cas isolé. Il signale une dette accumulée par reports successifs, qui ne figure ni au bilan ni dans un budget alors qu'elle produit des effets chiffrables. Le coût croissant des correctifs étendus en est la traduction la plus directe.

L'argument du serveur interne, non exposé sur internet, revient souvent pour justifier un report supplémentaire. L'isolement est en pratique rarement complet. Les accès de maintenance des prestataires le traversent, et la compromission d'un poste bureautique suffit à placer un attaquant sur le réseau interne, où un système sans correctif constitue la cible la plus accessible.

La différence avec un système maintenu tient à la durée d'exposition. Quelques semaines pour une vulnérabilité corrigée, définitive pour une vulnérabilité qui ne le sera jamais.

Ces échéances sont publiées plusieurs années à l'avance. Dans une PME, aucun rôle n'est chargé de les suivre, et elles sont régulièrement découvertes lorsqu'il ne reste plus de marge.

Questions fréquentes

Que risque-t-on à conserver Windows Server 2016 après janvier ?

Aucun service ne s'interrompt. Le risque tient à ce que toute vulnérabilité publiée après cette date reste sans correction, y compris sur un serveur interne non exposé sur internet, l'isolement étant rarement complet. S'y ajoutent la position de l'assureur cyber, les questionnaires des clients donneurs d'ordre et la limitation des interventions des éditeurs.

Le dispositif de correctifs étendus est-il intéressant ?

Rarement sur ses trois années, son tarif progressant chaque année pour un cumul voisin de trois fois le prix d'une licence neuve. Il se justifie sur une année lorsqu'une contrainte datée empêche de migrer à temps, par exemple un équipement de production incompatible ou une version éditeur annoncée en cours d'année.

Notre base SQL Server 2016 est-elle concernée également ?

Elle l'est déjà, son support ayant pris fin le 14 juillet 2026. Comme elle est le plus souvent hébergée sur le même serveur que le système, les deux sujets se traitent ensemble. C'est aussi la partie qui engage l'éditeur métier, et donc celle qui fixe le délai du projet.

Cinq mois suffisent-ils pour s'organiser ?

Oui lorsque le logiciel métier est déjà compatible avec une version récente du système. Non lorsqu'une montée de version applicative est nécessaire, celle-ci demandant plusieurs mois avec la recette utilisateurs. La réponse écrite de l'éditeur permet de trancher entre ces deux situations.

Un sujet qui vous concerne ?

Un échange sans engagement, pour parler de vos enjeux et repérer ce qui mérite d'être traité en premier.

Nous contacter