Votre onduleur tiendra-t-il vraiment à la prochaine coupure ?

Probablement pas si ses batteries n'ont jamais été vérifiées. C'est la défaillance la plus courante et la plus silencieuse d'un local technique.

Probablement pas, si personne n'a vérifié ses batteries depuis l'installation. Une batterie d'onduleur perd sa capacité en trois à cinq ans, sans que rien ne le signale. L'appareil continue d'afficher un état normal, et il lâche au bout de quelques secondes lors de la première vraie coupure.

C'est la défaillance la plus courante d'un local technique de PME, et la plus trompeuse, parce qu'elle donne l'impression d'une protection qui n'existe plus.

Ce que l'onduleur doit réellement permettre

Sa fonction n'est pas de faire tourner l'entreprise pendant une panne de courant. Elle est de laisser le temps aux systèmes de s'arrêter proprement, ce qui évite les corruptions de bases de données et les redémarrages difficiles.

Cela suppose que l'arrêt soit automatique. Un onduleur qui n'est relié à aucun serveur tiendra dix minutes puis coupera brutalement, exactement comme s'il n'était pas là. Le raccordement de la supervision et la configuration de l'arrêt automatique font partie de l'installation, et ils sont fréquemment omis.

L'autonomie utile se situe généralement entre dix et vingt minutes. Au-delà, le coût des batteries devient disproportionné par rapport au bénéfice, sauf si vous disposez d'un groupe électrogène qui prend le relais.

Le dimensionnement, souvent dépassé sans qu'on le sache

Un onduleur choisi il y a six ans pour deux serveurs alimente parfois aujourd'hui quatre serveurs, deux commutateurs, un pare-feu et un enregistreur de vidéosurveillance ajouté depuis.

Sa charge réelle est alors bien supérieure à ce qui était prévu, et son autonomie effondrée. La vérification prend deux minutes sur l'écran de l'appareil ou dans son interface, et elle est rarement faite.

Un point mérite attention, ce qui est branché dessus. Une imprimante laser ou un chauffage d'appoint raccordé par commodité consomme énormément et vide les batteries en quelques secondes.

La climatisation, unique presque partout

Le local technique d'une PME est climatisé par un seul appareil. S'il s'arrête, la température monte rapidement, et les serveurs s'éteignent en protection au bout de quelques heures.

Cela se produit typiquement lors du premier épisode de chaleur de l'année, quand l'appareil est sollicité après des mois d'inactivité et qu'il révèle une panne restée invisible.

Deux mesures peu coûteuses changent la situation. Une sonde de température reliée à une alerte, qui prévient avant que les seuils critiques soient atteints. Et un entretien annuel de l'appareil, planifié avant l'été plutôt qu'après la panne.

La question de la redondance de la climatisation se pose ensuite, et elle dépend de ce que coûte l'arrêt des serveurs concernés.

Le local, souvent inadapté sans que cela paraisse

Une baie installée dans un ancien bureau, dans une réserve ou sous un escalier pose plusieurs problèmes simultanés.

L'eau d'abord. Une canalisation qui passe au plafond, un local en sous-sol ou une toiture ancienne au-dessus constituent des risques réels, et bien plus fréquents que l'intrusion.

La circulation d'air ensuite. Des cartons empilés devant une baie bloquent les entrées d'air et provoquent des arrêts thermiques que personne ne relie à leur cause.

L'accès enfin, traité dans un autre article, mais qui rejoint ici la question de l'environnement, un local qui sert aussi de réserve est un local dans lequel on entre pour d'autres raisons.

La détection incendie et son extinction

Un détecteur de fumée dans le local technique est un minimum, et sa liaison à l'alarme générale du bâtiment évite qu'il ne sonne pour personne la nuit.

Les systèmes d'extinction automatique par gaz relèvent d'un autre budget et se justifient rarement dans une PME. En revanche, la présence d'un extincteur adapté aux feux d'origine électrique à proximité immédiate, et le fait que quelqu'un sache s'en servir, relèvent du bon sens.

Le point le plus souvent négligé est la coupure d'urgence. Savoir où couper l'alimentation du local sans traverser la fumée fait partie des informations à afficher sur place.

Ce que la supervision doit remonter

Trois indicateurs suffisent à couvrir l'essentiel. La température du local, la charge et l'état des batteries de l'onduleur, et le passage sur batterie lors d'une microcoupure.

Ce dernier point est intéressant au-delà de la panne, car un réseau électrique instable use le matériel et signale parfois un problème d'installation qu'il vaut mieux traiter avant qu'il ne s'aggrave.

Ces alertes doivent parvenir à une personne nommée, et non à une boîte générique que personne ne consulte.

Ce qui suffit dans une petite structure

Une vérification annuelle convient, à condition d'être réellement faite. Elle comporte un test réel de l'onduleur en coupant l'alimentation d'entrée sur une fenêtre prévue, un contrôle de la charge et de l'âge des batteries, l'entretien de la climatisation avant l'été, et un tour du local pour vérifier qu'il ne sert pas de réserve.

Le test de l'onduleur est celui qui apporte le plus d'information, parce qu'il est le seul à donner l'autonomie réelle plutôt que l'autonomie annoncée.

Questions fréquentes

À quelle fréquence remplacer les batteries d'un onduleur ?

Elles perdent leur capacité en trois à cinq ans selon la température du local, une pièce chaude accélérant nettement le vieillissement. Plutôt que de suivre un calendrier théorique, testez l'autonomie réelle une fois par an en coupant l'alimentation sur une fenêtre prévue. C'est le seul moyen de connaître la capacité effective plutôt que celle annoncée.

Faut-il climatiser un petit local technique ?

Dès que des serveurs y fonctionnent en continu, oui, et à défaut il faut au minimum une ventilation efficace et une sonde de température reliée à une alerte. La chaleur ne provoque pas de panne immédiate, elle raccourcit la durée de vie du matériel et déclenche des arrêts de protection au pire moment, généralement lors du premier épisode chaud de l'année.

L'onduleur doit-il être relié aux serveurs ?

Oui, sans quoi il ne sert qu'à retarder une coupure brutale. Sa fonction est de permettre un arrêt propre des systèmes, ce qui suppose qu'il puisse le déclencher automatiquement quand l'autonomie devient faible. Ce raccordement fait partie de l'installation et il est très souvent omis.

Que ne faut-il jamais brancher sur un onduleur ?

Tout appareil à forte consommation ponctuelle, en particulier les imprimantes laser et les chauffages d'appoint. Leur pic de consommation vide les batteries en quelques secondes et peut faire disjoncter l'onduleur, entraînant l'arrêt de tout ce qu'il alimente. Un contrôle de ce qui est réellement branché fait partie de la vérification annuelle.

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