Le travail réalisé en dehors des locaux de l’organisation n’est plus une exception. Télétravail, déplacements, interventions chez des clients ou partenaires, accès à distance aux outils métiers font désormais partie intégrante du fonctionnement quotidien. Cette évolution a apporté de la flexibilité et de l’efficacité, mais elle a également déplacé une partie des risques hors du périmètre traditionnel de l’entreprise.
Lorsque les collaborateurs travaillaient majoritairement sur site, le cadre de sécurité était en grande partie implicite. Réseaux internes, équipements maîtrisés et environnements connus facilitaient le contrôle. Dès lors que l’activité se déplace à l’extérieur, ce cadre doit être repensé pour rester cohérent et efficace.
Ce que recouvre réellement le travail hors des locaux
Sécuriser les activités hors site ne se limite pas au télétravail. Cela concerne toute situation dans laquelle les outils, les données ou les accès de l’organisation sont utilisés en dehors de son environnement physique habituel. Ordinateurs portables, accès distants, connexions depuis des réseaux tiers ou utilisation d’équipements mobiles sont autant de contextes à prendre en compte.
Le risque ne provient pas uniquement d’une menace externe. Il est souvent lié à la perte de repères : réseaux non maîtrisés, environnements partagés, absence de supervision directe ou usages plus informels. Sans cadre clair, les pratiques varient fortement d’un individu à l’autre, ce qui fragilise la sécurité globale.
L’approche de l’ISO 27002
L’ISO 27002 rappelle que les activités professionnelles réalisées hors des locaux doivent bénéficier d’un niveau de protection équivalent à celles réalisées sur site. La norme ne cherche pas à restreindre la mobilité, mais à s’assurer que les risques associés sont identifiés et maîtrisés.
Elle insiste sur la nécessité de définir des règles claires concernant l’utilisation des équipements, l’accès aux ressources et la protection des informations dans ces contextes spécifiques. Comme pour les autres exigences, elle laisse une large place à l’adaptation, afin que les mesures restent proportionnées et compatibles avec les usages réels.
Ce que l’on observe le plus souvent en pratique
Dans les organisations, le travail hors site s’est souvent développé de manière progressive et pragmatique. Les accès ont été ouverts pour répondre à un besoin immédiat, parfois sans réflexion globale sur la cohérence de l’ensemble. Les règles existent, mais elles sont rarement formalisées ou partagées de manière homogène.
Il en résulte des situations où les niveaux de protection varient fortement selon les équipes ou les profils. Certains environnements sont bien maîtrisés, tandis que d’autres reposent davantage sur la confiance et les habitudes. Cette hétérogénéité complique le pilotage du système d’information et augmente le risque d’incident.
Trouver l’équilibre entre sécurité et usage
Sécuriser les activités hors des locaux ne consiste pas à reproduire à l’identique les contraintes du travail sur site. L’enjeu est de trouver un équilibre entre protection et efficacité opérationnelle. Les règles doivent être suffisamment claires pour guider les usages, sans devenir un frein au travail quotidien.
Lorsque le cadre est bien défini, les utilisateurs savent comment travailler à distance sans se mettre en difficulté. Cette clarté réduit les contournements et renforce l’efficacité des mesures techniques mises en place, tout en préservant la flexibilité attendue.
Un sujet de gouvernance plus que de technologie
Le travail hors site est souvent abordé sous l’angle des outils : accès distants, postes nomades, solutions collaboratives. Ces éléments sont indispensables, mais ils ne suffisent pas. Sans vision globale, la multiplication des solutions crée de la complexité et des zones de risque.
Sécuriser durablement ces usages suppose un pilotage capable de relier les aspects techniques, organisationnels et humains. C’est cette cohérence qui permet d’accompagner l’évolution des modes de travail sans fragiliser le système d’information.
À retenir
Sécuriser les activités professionnelles réalisées hors des locaux est devenu un enjeu central pour les organisations. L’ISO 27002 fournit un cadre de référence qui permet d’aborder ce sujet de manière structurée, sans imposer de modèle rigide. Lorsqu’elle est intégrée dans une vision globale du système d’information, cette démarche permet de concilier mobilité, efficacité et maîtrise des risques.
Cet article a une vocation pédagogique et générale. Il ne constitue ni un audit, ni une garantie de conformité. La mise en œuvre concrète des principes évoqués dépend du contexte, des usages et du système d’information de chaque organisation.



