Les risques pesant sur le système d’information ne sont pas uniquement numériques. Incendies, dégâts des eaux, coupures électriques, variations de température ou incidents environnementaux peuvent avoir des conséquences immédiates sur les actifs critiques.
Ces événements sont parfois considérés comme improbables ou extérieurs au périmètre IT. Pourtant, lorsqu’ils surviennent, leur impact est souvent brutal et étendu. Sans anticipation, ils peuvent provoquer des interruptions prolongées, des pertes de données ou des dégradations matérielles difficiles à rattraper.
Ce que recouvrent réellement les risques physiques et environnementaux
Les risques physiques et environnementaux couvrent l’ensemble des menaces liées à l’environnement des équipements et des infrastructures. Ils concernent aussi bien les locaux techniques que les salles serveurs, les armoires réseau, les postes de travail ou les supports de stockage.
Ils incluent des événements soudains, comme un sinistre, mais aussi des dégradations progressives liées à des conditions inadéquates. Une exposition prolongée à la chaleur, à l’humidité ou à des alimentations instables peut fragiliser les équipements sans signe immédiat, jusqu’à la panne.
L’approche de l’ISO 27002
L’ISO 27002 recommande de prévenir et de réduire les impacts des risques physiques et environnementaux sur les actifs critiques. La norme met l’accent sur l’identification des menaces, l’adaptation des protections et la cohérence avec les enjeux de disponibilité et de continuité.
Elle insiste sur une approche proportionnée, tenant compte de la criticité des actifs concernés et des environnements dans lesquels ils sont déployés, sans chercher à surprotéger de manière systématique.
Ce que l’on observe le plus souvent en pratique
Dans de nombreuses organisations, les protections physiques sont mises en place de manière ponctuelle, souvent lors de l’installation initiale des équipements. Elles sont ensuite peu réévaluées, même lorsque les usages, les locaux ou les contraintes évoluent.
Il est également fréquent que certains actifs critiques soient hébergés dans des environnements peu adaptés, par facilité ou par manque de visibilité sur les risques réels. Ces situations restent invisibles tant qu’aucun incident ne survient.
Anticiper pour éviter les interruptions majeures
La prévention des risques physiques et environnementaux vise avant tout à éviter les interruptions brutales de service. En identifiant les menaces plausibles et en adaptant les protections, l’organisation réduit la probabilité d’événements à fort impact.
Cette anticipation permet également de mieux préparer les équipes à réagir en cas d’incident, en limitant les effets de surprise et en facilitant la reprise d’activité.
Un levier direct de protection des actifs critiques
Les actifs critiques concentrent des dépendances fortes pour le système d’information. Les protéger contre les risques physiques et environnementaux permet de préserver la disponibilité des services, l’intégrité des données et la stabilité des infrastructures.
Cette protection renforce la résilience globale du SI, en réduisant les points de fragilité souvent invisibles mais structurants.
Un sujet de pilotage transversal
La gestion des risques physiques et environnementaux dépasse le seul périmètre IT. Elle implique des interactions avec les services généraux, les responsables de sites et parfois des prestataires externes.
Un pilotage DSI permet de relier ces enjeux à la continuité de service et aux priorités métiers, afin d’assurer une protection cohérente et durable des actifs critiques.
À retenir
Prévenir et réduire les impacts des risques physiques et environnementaux sur les actifs critiques est essentiel pour assurer la continuité et la résilience du système d’information. L’ISO 27002 fournit un cadre de référence qui encourage une approche proportionnée, adaptée aux risques réels et intégrée au pilotage global. Inscrite dans la durée, cette démarche protège les infrastructures, limite les interruptions et renforce la fiabilité des services.
Cet article a une vocation pédagogique et générale. Il ne constitue ni un audit, ni une garantie de conformité. La mise en œuvre concrète des principes évoqués dépend du contexte, des usages et du système d’information de chaque organisation.




